HISTOIRE DE FOI


Larousse : Adhésion totale de l'homme à un idéal qui le dépasse, à une croyance religieuse

Wikipedia : La foi (du latin fides) est, pour une personne, le fait de considérer certains faits, événements plus ou moins avérés et éventuellement condensés en un dogme, des textes de référence et des symboles, pour essentiels dans l'existence, ce qui induit généralement des comportements traduisant cette conviction, assez souvent pour la partager avec d'autres. Elle est la condition de toute religion et la motivation de la piété. Les personnes qui ont une foi authentique sont portées à témoigner d'une expérience personnelle.

LA FOI


La foi et l'amour. Les deux jambes du christianisme.
La première est sans doute la plus difficile à acquérir, d'ailleurs l'acquière-t-on ? On dit souvent "adhérer" à une foi. Le deuxième implique un état d'esprit peut-être aussi difficile à avoir dans certaines circonstances : le pardon.

"Je crois", commence la prière catholique appelée le Credo.
Il est assez intéressant de saisir ce verbe dans tout ses sens. "Tu as fermé la porte ?", "Oui, je crois". Le verbe croire est dichotomique : il peut aussi bien signifier une volonté de considérer une parole (celle de Dieu en l’occurrence) comme vérité absolue, que sous-entendre le doute (je crois, mais je n'en suis pas sûr).

"Heureux ceux qui croient sans avoir vu".
Avec cette parole de Jésus après que Thomas l'incrédule eut touché ses plaies, c'est toute la foi chrétienne qui est fondée. Et verrouillée par la même occasion. Il aurait été intéressant de connaître la version originale, en araméen, pour voir si elle est sujette à interprétation. La version française peut l'être.
Ainsi, Jésus signifierait que ceux qui croient sans avoir vu sont heureux, au sens où ils sont libérés du doute et qu'ils savent que comme lui, ils ressusciteront. Mais le fait d'être heureux pourrait aussi impliquer une récompense : celle de ressusciter. Le fait de croire serait donc la porte de la résurrection. Ceux qui ne croient pas se ferment à la possibilité de revivre après la mort. C'est un moyen avant d'être une fin.
Hérésie ? Certains pourraient le penser, tant il est dit et redit que Dieu a donné son fils unique pour sauver tous les hommes. Mais chacun sait que l'amour, s'il est donné, doit être accepté et reçu pour pouvoir jouer son rôle.
Ce n'est donc pas tant le problème de Dieu, mais celui des hommes, qui choisissent ou pas de recevoir cet amour et/ou de déterminer s'ils en sont dignes ou pas.
Avant qu'un prêtre me précise la chose, j'ai eu longtemps un doute sur une louange : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la Terre aux hommes qu'il aime". En effet, j'aurais plutôt écrit : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la Terre aux hommes qui l'aiment."

"Heureux ceux qui croient sans avoir vu". Avec cette phrase, Jésus signe une sorte de contrat avec l'humanité pour les siècles à venir. Cela sous-entend qu'il sait qu'il ne reviendra pas avant longtemps, très longtemps. Il sait aussi que croire sans voir est, pour l'homme, difficile. 
Cela l'est déjà en voyant ! 
Tout le long de son ministère, il a été accompagné de ses disciples, qui ont été les témoins privilégiés des miracles qu'il a pu accomplir. Mais pas seulement. Le peuple juif lui-même a été témoin. En tout cas un nombre assez important de personnes, puisqu'on parle à plusieurs reprises de "foule" qui suivait Jésus.
Malgré des résurrections spectaculaires rapportées par les évangélistes, des morts qui reviennent à la vie, ce n'est quand même pas rien, et un nombre important de guérisons en tout genre, Jésus finira quand même par être mis à mort. Thomas, un disciple censé avoir reçu l'enseignement "de première main" de Jésus, et qui a donc vu les miracles, a même douté.

Alors ? C'est si difficile que ça d'avoir la foi ? Quand on vit de le monde de la matière oui. ("Et il leur dit: Vous êtes d'en bas; moi, je suis d'en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde". Jean 8:23)
Peut-être pas pour tout le monde. Peut-être ne faut-il pas trop réfléchir. J'ai souvent chercher à "savoir". Or le vrai chrétien ne "sait" rien, il "croit", il "fait confiance". Une confiance absolue, et non une certitude absolue.
Et certaines paroles de Jésus prennent tout leur sens :
"Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler."  (Mt 11, 25-27) 
"En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux" (Mt 18, 1-5) 
Si on peut interpréter le mot "petit" comme signifiant "humble", ou "innocent", demandons-nous ce qu'impliquent cette humilité et cette innocence. La première chose que cela implique, c'est d'abord l'ignorance. Non pas l'ignorance choisie, imposée, entretenue, bref l'ignorance au sens péjoratif, mais plutôt la simplicité d'un esprit jeune, sans artifice, qui n'a pas été pollué par les idées compliquées des autres hommes.
Cette innocence d'enfant rend la connexion avec Dieu plus facile. Il y a moins de "bruit" dans un esprit simple (comme disent les yogis). 
Cette innocence implique ensuite la confiance, une confiance naturelle, presque naïve.
En définitive, en cherchant à "savoir" (et dans "savoir", il y a "voir"), je m'éloigne de la manière la plus efficace de trouver Dieu. En cherchant à savoir, je veux rassurer mon égo, mon mental, celui qui est le plus présent, celui qui reçoit le plus de "bruits".

"Heureux les pauvres en esprit" avait dit Jésus. Se savoir ignorant, vide, petit, et se laisser remplir par la parole, voilà la vraie foi.

Dès lors, une réflexion me vient : tout ces écrits, toute cette théologie élaborée au cours de siècles, ne vient-elle pas en contradiction avec la foi, finalement ? De tout temps les hommes ont cherché Dieu. Mais si on "cherche" Dieu, c'est qu'on ne l'a pas trouvé. Or toute ma démonstration, partie de cette parole "heureux ceux qui croient sans avoir vu" m'incite à penser que Dieu n'a pas besoin d'être "cherché", il est déjà là. On doit simplement chercher à établir la connexion avec lui en redevenant des "petits enfants", des pauvres en esprit, et pour cela, ne serait-il pas opportun de se débarrasser de tout ce qui crée du "bruit", y compris les dogmes imposés par l'Eglise elle même ?

Vaste question !






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